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Le coin des innovations – Assurance Santé & Digital : Prévenir pour conquérir

Par David Pimentel, le 12 novembre 2015 dans Le coin des innovations

Cet article s’inscrit dans la démarche créative engagée par Equinox-Cognizant : rechercher et penser les innovations applicatives les plus prometteuses en matière d’assurance santé.

Pour consulter le sommaire de notre thématique en la matière, c’est par ici !

 

Piqûre de rappel

L’offre d’assurance complémentaire santé en France connait globalement peu d’évolutions sur le contenu de leurs garanties, à plus forte raison pour le marché de l’individuel. Faible différenciation des produits et grandes interchangeabilités conduisent mécaniquement les assureurs à mener une guerre des prix.

Si la croissance de ce marché est principalement tirée par le désengagement de la Sécurité sociale sur les soins de ville et la hausse continue des frais de santé, être capable de proposer différent s’avère un excellent moyen pour conquérir de nouvelles parts de marché. Encore faut-il être dans les starting blocks pour profiter des effets d’aubaine.

A vos marques…

L’idée du jour : proposer des bulletins épidémiologiques géo-localisés

Et pourquoi pas ? Imaginez, vous vous apprêtez à débuter votre journée dans une optique métro-boulot-dodo lorsque votre Smartphone vous informe d’une recrudescence des cas de rhinopharyngite autour de vous. Peut-être serait-il plus judicieux de prendre le vélo pour aujourd’hui…

Informer et préconiser les meilleurs gestes permettraient de diminuer la sinistralité, notamment par la mise en place d’une politique de prévention ultra-ciblée, voire sur-mesure pour vos clients.

Allons un peu plus loin : imaginons que l’assureur dispose d’un dispositif de télémédecine capable de prendre en charge les premiers cas de malades, ou à défaut d’orienter l’assuré vers le professionnel de santé le plus proche, disponible dans l’immédiat, et le moins cher… jackpot !

Le rôle de l’assureur ne se cantonnerait alors plus à celui de prestataire financier, mais à celui de protecteur, et c’est là LA grande différence.

Etat de l’art

Docteur Google

Le nerf de la guerre se situe dans la donnée. A l’heure du Big data et plus particulièrement de l’Open data, elle ne manque pas, encore faut-il pouvoir y accéder, et l’exploiter.

En matière d’exploitation de la donnée, Google avait lancé dès 2008 une initiative particulièrement intéressante à travers son service Google Flu Trends : un outil de prédiction et de suivi des épidémies de grippe et de dengue à travers plus de 25 pays. La donnée ? L’occurrence de recherche de mots clés tels que « grippe » ou « fièvre », par secteur géographique.

L’initiative a cependant été éconduite, faute d’un algorithme capable de gérer correctement les phénomènes de surévaluation des risques. En 2013, par exemple, les médias alertaient sur un risque de pandémie grippale, Résultat : les requêtes sur Google s’affolaient ce qui conduisit Flu Trends à surévaluer de 50% l’événement par rapport à la réalité[1].

« SNIIRAM, ouvre-toi »

Si des acteurs privés tel que Google sont capables de fournir et traiter la donnée, l’essentiel de celle-ci se concentre surtout dans… la base de données de l’Assurance Maladie !

Le Système National d’Information Inter-Régimes de l’Assurance Maladie (SNIIRAM) dispose de toutes les données nécessaires pour permettre au marché privé de fournir ce type de nouveaux services. Pathologies, localisations, prescriptions, coûts pratiqués par les prestataires de soins, bref, tout y est !

Pour autant, l’ouverture des données de santé (Open data) suit une progression timide et se heurte depuis quelques années déjà à un certain nombre de problèmes, notamment en matière de respect de la vie privée. Si les députés se sont prononcés en faveur d’une ouverture plus poussée le 11 avril dernier, les mécanismes d’accès semblent encore particulièrement restreints et compliqués[2]. Il faudra donc attendre avant d’obtenir un accès plus complet, tel que pratiqué au Danemark et au Royaume-Uni.

Bilan

Bien que le concept de bulletins épidémiologiques soit séduisant, la difficulté à le mettre en œuvre est à la hauteur de son potentiel.

La faible disponibilité de données qualitatives et les freins légaux en matière d’exploitation laissent à penser qu’il faudra encore – et malheureusement – attendre quelques années avant de pouvoir mettre en application cette innovation.

En attendant, de plus en plus d’acteurs s’engagent dans cette voie, dont notamment le laboratoire secret de Google : Google X.

Au programme dans les quelques mois/années à venir : tracker surveillant le rythme cardiaque, le niveau d’exposition à la lumière, le niveau du bruit et la température de la peau, ou encore lentilles connectées.

Bref, si jouer avec les données reste encore une idée plus ou moins lointaine, le développement des outils de récolte sont quant à eux en plein boom, et c’est peut-être bien-là le 1er combat à mener.

[1] Source : http://www.tdg.ch/sante/sante/Google-Flu-Trends-vaincu-par-ses-poussees-de-fievre/story/28554893

[2] Pour plus d’information à ce sujet : http://blog.econocom.com/blog/opendata-et-sante-la-france-fait-un-nouveau-pas/

 

David PIMENTEL  David PIMENTEL

Consultant

Assurance

Source image illustration : Lab on a Chip

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